Évolution des polluants

Bilan des évolutions des niveaux moyens annuels en agglomération parisienne

Niveaux moyens annuels en agglomération parisienne de 1992 à 2009, échantillon constant de stations urbaines et périurbaines

Niveaux moyens annuels en agglomération parisienne de 1991 à 2009, échantillon évolutif de stations urbaines et périurbaines

Niveaux moyens annuels en agglomération parisienne de 1994 à 2009, échantillon constant de stations trafic

Forte tendance à la baisse de la pollution d’origine industrielle

Depuis plus de cinquante ans la pollution en Ile-de-France a changé de nature et d’intensité de même que dans la plupart des grandes villes des pays développés.

L’activité industrielle a été peu à peu remplacée par des activités tertiaires, les industries restantes se sont modernisées et traitent plus efficacement leurs rejets (filtres), le chauffage individuel utilise beaucoup plus le gaz naturel que le fuel, la teneur en soufre des combustibles a été réglementée.

Enfin, à partir de 1980, la France a réorienté massivement sa production d’électricité du thermique vers le nucléaire.

Ces progrès sur les émissions se sont traduits par une division par vingt depuis les années 50 de la pollution ambiante en dioxyde de soufre.

Evolution de la pollution soufrée


Variation contrastée des polluants d’origine automobile

Le secteur des transports est le premier responsable des émissions de polluants en Ile-de-France, région qui compte plus de 4,5 millions de voitures particulières et de l'ordre de 600 000 véhicules utilitaires.
Certains polluants à la sortie des pots d’échappement comme le monoxyde de carbone (CO) ou les poussières, font l’objet de contrôles techniques réguliers et obligatoires.

Au cours des vingt dernières années, l’abaissement de la teneur en plomb dans les carburants a permis une baisse considérable de la concentration du plomb, qui est devenue négligeable dans l’atmosphère de l’agglomération parisienne.

En revanche, d’autres indicateurs de pollution d’origine automobile tels que le dioxyde d’azote sont mesurés depuis près d'une quinzaine d’années.

En situation de fond, l'évolution ne montre pas de tendance franche sur l’historique de 1992 à 1999. Par contre, une baisse régulière est observée depuis 2000. Cette érosion des niveaux annuels de NO2 a été interrompue en 2003 par une remontée des concentrations liée aux conditions météorologiques défavorables à la dispersion des polluants.


Les grands cycles de la pollution

Les évolutions des niveaux de tel ou tel polluant dans l'environnement sont la résultante de deux facteurs principaux : les fluctuations des conditions météorologiques et celles des émissions. Ainsi les polluants présentent des cycles qui leur sont propres.

Le cycle annuel
Il représente l'évolution mois par mois des concentrations de chaque polluant. Cette évolution, à l'échelle de l'année, permet de mettre en évidence, soit l’influence de la saison dans les émissions de polluants, soit l'influence directe de conditions météorologiques particulières sur le comportement des polluants (transformation chimique notamment).

Par exemple, les grandes sources de dioxyde de soufre (SO2) sont majoritairement liées à la production d'électricité (d’origine thermique) et de chauffage (collectif ou individuel).
Les concentrations dans l'environnement de ce polluant sont donc naturellement plus élevées pendant les mois d'hiver (saison où, de plus, l’atmosphère est très stable) et présentent un minimum en été.

Autre exemple, les concentrations d'ozone présentent un maximum pendant les mois d'été.
L'ozone est un polluant, dit secondaire, issu de la transformation de gaz précurseurs primaires sortant directement des pots d’échappement (hydrocarbures et oxydes d'azote).
Les mois d'été correspondent aux conditions favorables à la production d'ozone dans la troposphère (température élevée, fort rayonnement UV, durée d'insolation importante et vent faible).

Cycle annuel du dioxyde de soufre sur l'agglomération parisienne

Cycle annuel de l'ozone sur l'agglomération parisienne

Le cycle hebdomadaire
Il représente une semaine type obtenue en moyenne tous les jours de la semaine.
Ce cycle permet de mettre en évidence les variations dans les émissions notamment liées aux activités humaines à l'échelle de la semaine (jours ouvrés/week-end).  

Le cycle journalier
Il représente un jour type obtenu en moyenne toutes les heures de la journée.
Ce cycle permet de mettre en évidence les variations dans les émissions liées aux activités humaines à l'échelle de la journée ainsi que les grands phénomènes physiques et chimiques induits par le cycle solaire.
Ce cycle permet également de mettre en évidence l'évolution des conditions dispersives de l'atmosphère au cours de la journée (stabilité des basses couches pendant la nuit).

Par exemple, les profils journaliers moyens du dioxyde d'azote et du monoxyde de carbone durant l'année 2006 mesurés à proximité immédiate du trafic (place Victor Basch, Paris 14e arrondissement et porte d'Auteuil sur le périphérique) présentent des maxima corrélés aux heures de pointe de trafic du matin et du soir (les pics sont très accusés pour le monoxyde de carbone).

Les samedis et les dimanches, les profils sont plus amortis et présentent une hausse régulière des concentrations avec une chute brutale le samedi soir et plus étalée le dimanche avec les retours de week-ends dés la fin de l'après-midi.

Pour les particules PM10, la pointe de trafic du matin est bien marquée sur les profils journaliers moyens. Dans la journée, les niveaux soutenus de la station sur le périphérique traduisent entre autres l'importance sur cet axe du trafic de poids lourds et de véhicules utilitaires.

Cycle journalier moyen du dioxyde d'azote, des particules PM10 et du monoxyde de carbone :

sur le site trafic de la place Victor Basch (Paris 14e)

sur le site trafic de la porte d'Auteuil (boulevard périphérique)

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