Qu'est-ce que c'est ?

De la complexité des émissions à celles des phénomènes de dispersion et de transformation chimique dans l’atmosphère, la description correcte des phénomènes de pollution atmosphérique fait appel à de nombreux paramètres complexes. Ainsi, l’évaluation de la qualité de l’air à une échelle régionale nécessite :

la connaissance de la répartition géographique et dans le temps de la quantité de polluants émis
la description de l’état de l’atmosphère et son évolution
la prise en compte des phénomènes de transport et des réactions chimiques intervenant dans l’atmosphère.

Les réponses aux questions de la société portant sur l’analyse et la réduction des risques nécessitent l’utilisation d’outils de modélisation. Ces outils prennent en compte l’ensemble de ces phénomènes tant pour caractériser la variation dans l’espace et dans le temps des concentrations de polluants et donc permettre une meilleure évaluation de l’exposition de la population, que pour évaluer l’efficacité à court ou à long terme de différents types d’actions visant à réduire les émissions de polluants.

    Différents modèles pour différentes échelles

    PREV'AIR : prévisions et observations en France et en Europe
    cf : http://www.prevair.org/fr/.


    ESMERALDA : les prévisions de 6 régions
    La plate-forme inter-régionale ESMERALDA (EtudeS Multi RégionALes De l’Atmosphère) résulte de l’étroite collaboration de 6 Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l’Air (AASQA) :

    Air Normand, associations de surveillance de la qualité de l'air de la région Haute-Normandie (Air Normand/Remapa et Air Normand/Alpa),

    Airparif, association de surveillance de la qualité de l'air de la région Ile-de-France,

    Atmo Champagne-Ardenne, association de surveillance de la qualité de l'air de la région Champagne-Ardenne,

    Atmo Picardie, association de surveillance de la qualité de l'air de la région Picardie,

    Lig'Air, association de surveillance de la qualité de l'air de la région Centre.

    Atmo Nord Pas-de-Calais, association de surveillance de la qualité de l'air de la région Nord Pas-de-Calais.

    Les objectifs de cette plate-forme sont doubles :

    diffuser quotidiennement des informations relatives à la qualité de l’air au travers de cartographies et de prévisions sur un large domaine incluant intégralement les 6 régions des AASQA partenaires du projet, et de zooms spécifiques sur chacune de ces régions

    disposer d’un potentiel commun d’études et de scénarios locaux et inter-régionaux.

    Le projet HEAVEN : la modélisation à proximité du trafic

    Une chaîne complète de modélisation a été développée par AIRPARIF dans le cadre du projet européen Heaven (for a Healthier Environment through the Abatement of Vehicle Emissions and Noise) en partenariat avec les organismes en charge de la gestion et de la modélisation du trafic en Ile-de-France (Ville de Paris et son service de la Voirie, Direction Régionale de l’Équipement et son Service Interdépartemental d’Exploitation Routière).

    Le système d’aide à la décision développé dans le cadre de ce projet permet à partir de l’acquisition en temps réel de données sur le trafic et la météorologie d’accéder, via un certain nombre d’outils de simulation, à une description en temps réel des émissions et de la qualité de l’air à l’échelle régionale ainsi qu'au niveau des principaux axes de trafic.

    Le système permet également de tester et de valider les stratégies de demain en matière de gestion du trafic et de développement urbain. Des premières études ont été réalisées afin par exemple de tester l’impact de l’opération "en ville, sans ma voiture 2002" ou d’évaluer les conséquences sur la qualité de l’air de la mise en place de couloirs de bus protégés sur la rue de Rivoli et les boulevards de Strasbourg et de Sébastopol.

    Des outils plus complexes pour répondre à des questions spécifiques

    Certaines études à des échelles plus locales (exemple : modélisation du quartier Gare de l’Est) nécessitent de décrire plus finement les données météorologiques et les concentrations en prenant en compte des effets locaux liés à la topographie ou à la présence des bâtiments. Dans ce cas, il est nécessaire de recourir à des outils plus complexes comme le modèle Mercure (développé par EDF et commercialisé par ARIA Technologies) qui permet de traiter plus finement les déplacements des masses d'air entre les bâtiments à une échelle de l’ordre du kilomètre. Un exemple d’application de ce type de modèle a été la modélisation de la dispersion des émissions au sein du quartier de la Gare de l’Est et l’évaluation de l’influence du trafic ferroviaire Diesel sur la qualité de l’air à l’échelle de ce quartier.

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